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VIII

DEUX HOMMES IMPOSSIBLES À RETROUVER



L’enchantement, si grand qu’il fût, n’effaça point dans l’esprit de Marius d’autres préoccupations.

Pendant que le mariage s’apprêtait et en attendant l’époque fixée, il fit faire de difficiles et scrupuleuses recherches rétrospectives.

Il devait de la reconnaissance de plusieurs côtés ; il en devait pour son père, il en devait pour lui-même.

Il y avait Thénardier ; il y avait l’inconnu qui l’avait rapporté, lui Marius, chez M. Gillenormand.

Marius tenait à retrouver ces deux hommes, n’entendant point se marier, être heureux et les oublier, et craignant que ces dettes du devoir non payées ne fissent ombre sur sa vie, si lumineuse désormais. Il lui était impossible de laisser tout cet arriéré en souffrance derrière lui, et il voulait, avant d’entrer joyeusement dans l’avenir, avoir quittance du passé.

Que Thénardier fût un scélérat, cela n’ôtait rien à ce fait