Page:Hugo - Les Misérables Tome V (1890).djvu/67

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



XI

LE COUP DE FUSIL QUI NE MANQUE RIEN
ET QUI NE TUE PERSONNE



Le feu des assaillants continuait. La mousqueterie et la mitraille alternaient, sans grand ravage à la vérité. Le haut de la façade de Corinthe souffrait seul ; la croisée du premier étage et les mansardes du toit, criblées de chevrotines et de biscaïens, se déformaient lentement. Les combattants qui s’y étaient postés avaient dû s’effacer. Du reste ceci est une tactique de l’attaque des barricades ; tirailler longtemps, afin d’épuiser les munitions des insurgés, s’ils font la faute de répliquer. Quand on s’aperçoit, au ralentissement de leur feu, qu’ils n’ont plus ni balles ni poudre, on donne l’assaut. Enjolras n’était pas tombé dans ce piége ; la barricade ne ripostait point.

À chaque feu de peloton, Gavroche se gonflait la joue avec sa langue, signe de haut dédain.

— C’est bon, disait-il, déchirez de la toile. Nous avons besoin de charpie.