Page:Hugo - Les Misérables Tome V (1890).djvu/77

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XIV

OÙ ON LIRA LE NOM DE LA MAÎTRESSE
D’ENJOLRAS



Courfeyrac, assis sur un pavé à côté d’Enjolras, continuait d’insulter le canon, et chaque fois que passait, avec son bruit monstrueux, cette sombre nuée de projectiles qu’on appelle la mitraille, il l’accueillait par une bouffée d’ironie.

— Tu t’époumones, mon pauvre vieux brutal, tu me fais de la peine, tu perds ton vacarme. Ce n’est pas du tonnerre, ça, c’est de la toux.

Et l’on riait autour de lui.

Courfeyrac et Bossuet, dont la vaillante belle humeur croissait avec le péril, remplaçaient, comme madame Scarron, la nourriture par la plaisanterie, et, puisque le vin manquait, versaient à tous de la gaîté.

— J’admire Enjolras, disait Bossuet. Sa témérité impassible m’émerveille. Il vit seul, ce qui le rend peut-être un