Page:Hugo - Les Travailleurs de la mer Tome II (1892).djvu/167

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V

GILLIATT A L’OPTION


Les mystérieuses forces avaient bien choisi le moment.

Le hasard, s’il existe, est habile.

Tant que la panse avait été remisée dans la crique de l’Homme, tant que la machine avait été emboîtée dans l’épave, Gilliatt était inexpugnable. La panse était en sûreté, la machine était à l’abri ; les Douvres, qui tenaient la machine, la condamnaient à une destruction lente, mais la protégeaient contre une surprise. Dans tous les cas, il restait à Gilliatt une ressource. La machine détruite ne détruisait pas Gilliatt. Il avait la panse pour se sauver.

Mais attendre que la panse fût retirée du mouillage où elle était inaccessible, la laisser s’engager dans le défilé des Douvres, patienter jusqu’à ce qu’elle fût prise, elle aussi, par l’écueil, permettre à Gilliatt d’opérer le sauvetage, le glissement et le transbordement de la machine, ne point entraver ce merveilleux travail qui mettait tout dans la panse, consentir à cette réussite, là était le piège. Là se