Page:Hugo - Les Travailleurs de la mer Tome I (1891).djvu/245

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



I

LES CONVERSATIONS DE L’AUBERGE JEAN


Sieur Clubin était l’homme qui attend une occasion.

Il était petit et jaune avec la force d’un taureau. La mer n’avait pu réussir à le hâler. Sa chair semblait de cire. Il était de la couleur d’un cierge et il en avait la clarté discrète dans les yeux. Sa mémoire était quelque chose d’imperturbable et de particulier. Pour lui, voir un homme une fois, c’était l’avoir ; comme on a une note dans un registre. Ce regard laconique empoignait. Sa prunelle prenait une