Page:Hugo - Les Travailleurs de la mer Tome I (1891).djvu/259

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III

CLUBIN EMPORTE ET NE RAPPORTE POINT


Sieur Clubin fit le chargement de la Durande, embarqua nombre de bœufs et quelques passagers, et quitta, comme à l’ordinaire, Saint-Malo pour Guernesey le vendredi matin.

Ce même jour vendredi, quand le navire fut au large, ce qui permet au capitaine de s’absenter quelques instants du pont de commandement, Clubin entra dans sa cabine, s’y enferma, prit un sac-valise qu’il avait, mit des vêtements dans le compartiment élastique, du biscuit, quelques boîtes de conserves, quelques livres de cacao en bâton, un chronomètre et une lunette marine dans le compartiment solide, cadenassa le sac, et passa dans les oreillons une aussière toute préparée pour le hisser au besoin. Puis il descendit dans la cale, entra dans la fosse aux câbles, et on le vit remonter avec une de ces cordes à nœuds armées d’un crampon qui servent aux calfats sur mer et aux voleurs sur terre. Ces cordes facilitent les escalades.