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ACTE II. — LE BANDIT.
don sancho, au roi.

De ses propos vous reste-t-il mémoire ?

don carlos, qui ne quitte pas la fenêtre des yeux.

Hé ! Je n’entendais rien dans leur maudite armoire !

don sancho.

Mais pourquoi le lâcher lorsque vous le tenez ?

Don Carlos se détourne gravement et le regarde en face.
don carlos.

Comte de Monterey, vous me questionnez.

Les seigneurs reculent et se taisent.

Et d’ailleurs ce n’est point le souci qui m’arrête.
J’en veux à sa maîtresse et non point à sa tête[1].
J’en suis amoureux fou ! Les yeux noirs les plus beaux.
Mes amis ! deux miroirs ! deux rayons ! deux flambeaux !
Je n’ai bien entendu de toute leur histoire
Que ces trois mots : — Demain, venez à la nuit noire !
Mais c’est l’essentiel. Est-ce pas excellent ?
Pendant que ce bandit, à mine de galant.
S’attarde à quelque meurtre, à creuser quelque tombe.
Je viens tout doucement dénicher sa colombe.

don ricardo.

Altesse, il eût fallu, pour compléter le tour.
Dénicher la colombe en tuant le vautour.

don carlos, à don Ricardo.

Comte ! un digne conseil ! vous avez la main prompte !

don ricardo, s’inclinant profondément.

Sous quel titre plaît-il au roi que je sois comte ?

don sancho, vivement.

C’est méprise !

  1. Certaines éditions proposent le texte suivant :
    …à sa tête.
    Rien de plus.

    don ricardo.

    Pourquoi pas à toutes deux, seigneur ?
    don carlos.

    Comte, un digne conseil, et qui vous fait honneur !
    Vous allez droit au but ! Vous avez la main prompte !