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LETTRE VI


LES BORDS DE LA MEUSE. — DINANT. — NAMUR


Paysage de la Meuse. — La Lesse. — La Roche à Bayard. — Dînant. — Choses inconvenantes que fait une petite bonne femme en terre cuite. — Encore les clochers, les cruches et les architectes. — Châteaux ruinés. — Prière des morts aux vivants. — Idées que les belles filles perchées sur les arbres donnent aux voyageurs juchés sur les impériales. — Souvenirs poétiques à propos de Namur et du prince d’Orange. — Ce qu’enseignent les enseignes.


Liège, 3 août.


Je viens d’arriver à Liège par une délicieuse route qui suit tout le cours de la Meuse depuis Givet. Les bords de la Meuse sont beaux et jolis. Il est étrange qu’on en parle si peu. Les voici en raccourci.

Après le village, le cabaret, et la paysanne qui s’habille au soleil levant, on rencontre une montée qui m’a rappelé le Val-Suzon près de Dijon, et où la route, repliée à chaque instant sur elle-même, se tord pendant trois quarts d’heure au milieu d’une furet sur de profonds ravins creusés par des torrents. Puis on aborde un plateau où l’on court rapidement avec de grandes campagnes plates à perte de