Page:Hume - Œuvres philosophiques, tome 4, 1788.djvu/135

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sur la regle du Goût.

sionné, un troisieme le plaisant : l’un sensible aux moindres fautes, veut de l’exactitude par-tout, l’autre, plus touché du beau, pardonne vingt absurdités en faveur d’un trait élevé, ou pathétique : il y en a dont l’oreille demande de la briéveté & de la force ; d’autres préferent les expressions riches & harmonieuses ; un tel affecte la simplicité, un tel recherche l’élégance. La comédie, la tragédie, la satyre, l’ode, chacun de ces genres a ses partisans, qui le mettent au-dessus de tous les autres : un critique qui n’approuveroit qu’un seul de ces genres, & condamneroit tout le reste, seroit manifestement dans l’erreur ; cependant il n’est gueres possible de ne pas sentir de la prédilection pour ce qui s’accorde avec notre tour d’esprit particulier : ce sont-là de ces préférences innocentes, dont nous ne saurions nous dispenser, & qui entre des hommes raisonnables ne sauroient fournir matiere à dispute, parce qu’il n’y a point de regle pour en décider.

C’est pour cette raison qu’une représentation nous plaît d’autant plus que les caracteres ressemblent d’avantage à ceux que nous