Page:Huret - Enquête sur l’évolution littéraire, 1891.djvu/160

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— Leur existence démontre ce que je vous disais : le public ne se satisfait plus de l’éternelle description des extériorités ; il veut qu’on ouvre son joujou pour lui en montrer l’intérieur. Mais, ils fatiguent déjà, car ils ne font, en somme, que du réalisme interne… Et puis, la psychologie, on l’a déjà dit, c’est peut-être une science, ce n’est pas de la littérature.



M. RÉMY DE GOURMONT


C’est un artiste délicat, remarqué des lettrés pour son roman Sixtine ; il est l’un des membres les plus en vue du groupe du Mercure de France, une Revue qui rassemble ceux qui paraissent les plus austèrement artistes du mouvement nouveau.

Il a publié dernièrement dans cette Revue un article dont le retentissement a été plus grand sans doute qu’il ne l’avait prévu, et qui, s’il a légitimé d’ardentes attaques, lui a du moins valu de nombreuses et profondes sympathies.

M. de Gourmont paraît âgé de trente ans. De mise très simple, une luxuriante barbe cendrée taillée carrément, l’expression un peu terne de sa physionomie est éclairée par le regard pénétrant et froid qui s’abrite derrière le binocle.

— Il n’y aucun doute sur les tendances des nou-