Page:Huret - Enquête sur l’évolution littéraire, 1891.djvu/366

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ner moins de théories et plus de preuves, c’est-à-dire plus de résultats ; je crois qu’on prouverait plus en faveur de son art, si l’on prenait moins de brevets avant la mise en œuvre, et qu’on prouverait plus en faveur de soi-même, si l’on était capable, alors qu’on n’a rien fait encore, de conserver fièrement un respect pour les pères dont l’œuvre est terminée, les pères vivants ou morts à qui l’on doit beaucoup, sinon tout.



M. PIERRE QUILLARD


M. Pierre Quillard est, avec MM. Henri de Régnier et Collière, l’âme d’un groupe de poètes qui, loin de tout fracas, continuent la tradition d’une vie très noble, très calme, comme s’ils étaient convaincus qu’elle est la formelle condition des hauts soucis d’art qui sont toute leur vie.

M. Pierre Quillard est l’auteur de La Gloire du Verbe et de La Fille aux mains coupées. M. Catulle Mendès me disait l’autre jour de lui : « Quillard a un grand sentiment du lointain, du mystère. La Fille aux mains coupées est une très étrange et très suggestive œuvre. » M. José-Maria de Hérédia et M. Sully-Prudhomme m’en ont parlé dans des termes analogues. Il a été, en outre, l’ami, le confident intime d’Ephraïm Mikhaël, cet admirable poète mort