Page:Huret - Enquête sur l’évolution littéraire, 1891.djvu/39

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incompréhensible, à part une demi-douzaine de petites pièces charmantes qui sont d’adorables chansons populaires ; en vérité, faut-il tant de bruit pour arriver par le plus long aux chansons populaires ? Car, je le répète, le reste ne se comprend pas. Je suis sûr qu’ils ne sont pas vingt à se comprendre. Non, voyez-vous, ce sont des fumistes, avec une part de sincérité, je l’accorde, mais des fumistes. Et vous en verrez plus d’un, d’ici quelques années, aboutir à la Revue des Deux-Mondes, comme Wyzéva et Barrès, qui ont été des leurs, en somme !

Voici ma dernière question :

— Croyez-vous que l’évolution aboutisse à une littérature abstraite se rapprochant de notre littérature classique ?

— Ce dont je suis sûr, c’est que les nouvelles générations littéraires se ressentiront des changements de programmes universitaires, de l’affaiblissement des études latines. Dans ces conditions il n’est pas probable que la littérature se rapproche de la forme classique. Je suis persuadé que les modifications de la langue vont être beaucoup plus rapides qu’elles n’ont été depuis deux siècles.

Je me levai alors pour partir. M. Jules Lemaître me reconduisait jusqu’à la porte, en causant de Barrès. Et comme j’écartais la portière avant de disparaître, M. Lemaître dit encore, avec un geste plein