Page:Huysmans - La Cathédrale, 1915.djvu/464

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de Tours, saint Jérôme, doteur de l’Eglise, saint Grégoire, pape et docteur, et saint Avit.

Ce qui est curieux, pensa Durtal, c’est le parallélisme de cette porte. D’un côté, à droite, saint Nicolas, le grand thaumaturge de l’Orient ; de l’autre, à gauche, saint Martin, le grand thaumaturge de l’Occident.

Puis, en pendant, deux docteurs de l’Eglise, saint Ambroise et saint Jérôme ; le premier, souvent redondant et enflé dans une prose médiocre, mais ingénieux et charmant dans ses hymnes ; le second, ayant vraiment, dans la Vulgate, créé la langue de l’Eglise, aéré, désinfecté ce latin du Paganisme qui empestait la luxure, puait un affreux mélange de vieux bouc et de rose ; en vis-à-vis encore, deux papes, saint Léon et saint Grégoire, puis deux abbés de cloîtres, saint Laumer et saint Avit qui avait été, lui aussi, supérieur d’une abbaye fondée dans les bois du Perche.

Ces deux statues avaient été ajoutées, après coup, car elles décelaient, par leur tournure et par leur costume, une époque plus tardive que le XIIIe siècle ; mais alors, avaient-elles été substituées à d’autres qui portraituraient les mêmes moines ou différents Saints ?

Et le tympan exprimait, à son tour, l’idée de parallélisme voulu par le maître de l’œuvre. Lui aussi était dédié aux deux thaumaturges, à la réplique miraculeuse du Nord au Midi ; il relatait les épisodes de la vie de saint Nicolas et de saint Martin ; saint Nicolas dotant les filles d’un gentilhomme qui s’apprêtait, mourant de faim, à les trafiquer, puis le sépulcre de cet archevêque sécrétant une huile souveraine, pour guérir les maladies ; saint Martin offrant la moitié de son manteau à un indigent