Page:Huysmans - Le Drageoir aux épices, 1921.djvu/113

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


chantes, je veux assoupir mes angoisses, je veux étouffer mes rancœurs dans les chaudes fumées de ton haleine, dans l’inaltérable splendeur de tes grands yeux, ô brune charmeresse !

Je veux boire l’oubli, l’irrémissible oubli, sur tes lèvres veloutées, sur ces fleurs turbulentes de ton sang ! Je veux entr’ouvrir leurs rouges corolles et en faire jaillir, dans un rehaut de lumière, tes dents, tes dents qui provoquent aux luttes libertines, tes dents qui mordent cruellement les cœurs, tes dents qui sonnent furieusement la charge des baisers !


Joaillier, choisis dans ta coupe tes pierres les plus précieuses, fais-les ruisseler entre tes doigts, embrase en gerbes multicolores les flammes des grenats et des améthystes, des saphirs