Page:Huysmans - Le Drageoir aux épices, 1921.djvu/121

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tuyau pour laisser échapper la fumée : c’est tout. C’est navrant, et pourtant cette solitude ne manque pas de charme. Ce n’est pas la campagne des environs de Paris, polluée par les ébats des courtauds de boutique, ces bois qui regorgent de monde, le dimanche, et dont les taillis sont semés de papiers gras et de culs de bouteilles ; ce n’est pas la vraie campagne, si verte, si rieuse au clair soleil ; c’est un monde à part, triste, aride, mais par cela même solitaire et charmant. Quelques ouvriers ou quelques femmes qui passent, un panier au bras, à la main un enfant qui se fait traîner et traîne lui-même un petit chariot en bois, peint en bleu, avec des roues jaunes, rompent seuls la monotonie de la route. Parfois, le dimanche, devant un petit cabaret dont l’auvent est festonné de pampres d’un vert cru