Page:Huysmans - Le Drageoir aux épices, 1921.djvu/56

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rare, à Paris ! Oui, c’est facile à dire, mais une autre ne sera pas ma petite Sylvie, une autre ne sera pas ce petit monstre, dont je suis si follement assoti !

Je marche à grands pas, furieusement, et, tandis que j’enrage, la pendule tintinnabule joyeusement et semble rire de mes angoisses. Il est dix heures. Couchons-nous. Je m’étends dans mon lit, j’hésite à éteindre ma lampe ; bah, tant pis ! j’éteins. De furibondes colères m’étreignent à la gorge, j’étouffe. — Ah ! oui, c’est bien fini entre nous ! c’est bien fini ! — Ah ! mon Dieu, on monte : c’est elle, c’est son pas ; je me précipite en bas du lit, j’allume, j’ouvre.

— C’est toi ! d’où viens-tu ? pourquoi arrives-tu si tard ?

— Ma mère m’a retenue.

— Ta mère !… et tu m’as dit, il y a trois jours, que tu n’allais plus chez elle.