Page:Huysmans - Le Drageoir aux épices, 1921.djvu/79

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simple que partir c’était laisser le champ libre à son adversaire, qui ne partirait certainement pas. Donc, ils s’observaient et éprouvaient de furieuses tentations de se cribler la figure de nouvelles gourmades.

Malheureusement, cet amour insensé que les petits yeux et les bonnes joues de Claudine avaient allumé dans le cœur des pauvres garçons fut bientôt connu de tout le quartier. Le coiffeur d’en face, enchanté d’avoir une occasion de parler, en promenant ses mains graisseuses et son rasoir non moins graisseux sur la figure de ses clients, entra dans d’interminables discussions sur la beauté et la coquetterie de Claudine. Ces propos, grossissant à mesure qu’ils roulaient de bouche en bouche, ne devaient pas tarder à arriver aux oreilles de la mère Turtaine. Un mar-