Page:Hyspa - Chansons d’humour, 1903.djvu/302

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Je n’ai jamais connu mon père, ni ma mère...
— Je suis le pauvre ver, le pauvre ver solitaire.

II

Appareiller toujours pour les mêmes voyages,
Sans espoir d’imprévus et de nouveaux rivages,
Doubler les mêmes caps et les mêmes détroits,
Quand on a des désirs de voir à satisfaire,
En vérité cela donne le spleen, je crois.
Je sais bien que la promenade est salutaire ;
Mais visiter toujours d’identiques décors,
Jeter l’ancre toujours au fond des mêmes ports,
Et puis... Je sais par cœur tous les plis de ma sphère.
— Je suis le pauvre ver, le pauvre ver solitaire.

III

Et des poètes ont chanté la solitude !
La solitude, à deux, peut-être n’est pas rude.
Moi, je ne connais pas les baisers des amants :
Un Dieu cruel me fit toujours célibataire.
Pourtant j’étais taillé pour faire un vert-galant.
Les envieux ~ cela pullule sur la terre —
Prétendent que, malgré mes multiples anneaux,
Il me manque les qualités du conjungo.
Ayant une profonde horreur de l’annulaire.
— Je suis le pauvre ver, le pauvre ver solitaire.