Page:Ibn Battuta - Voyages - Traduction Sanguinetti - Volume 1.djvu/76

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


alors, eh bien, vends ta monture et tes bagages les plus pesants ; je te prêterai une monture et une tente, et tu nous accompagneras peu chargé. Nous marcherons en toute hâte, de peur d’éprouver en chemin la perfidie des Arabes. » Je me conformai à ses conseils, et Abou Abd Allah me prêta les objets qu’il m’avait promis. (Puisse Dieu l’en récompenser !) Ce fut le commencement des grâces divines dont je fus l’objet pendant le cours de ce voyage au Hidjâz.

Cependant nous voyageâmes jusqu’à ce que nous fussions arrivés près de Koçanthinah (Constantine), et nous campâmes en dehors de cette ville. Mais nous fûmes surpris par une pluie abondante, qui nous contraignit à sortir de nos tentes pendant la nuit, pour nous réfugier dans des maisons voisines. Le lendemain matin, le gouverneur de la ville vint au-devant de nous. C’était un chérif très-distingué que l’on appelait Abou’lhaçan. Il examina mes vêtements, que la pluie avait salis, et ordonna qu’on les lavât dans sa maison. L’ihràm (le mizar ou almaïzar, fichu que les Arabes d’Espagne et d’Afrique roulaient autour de leur tête) était tout usé. Cet officier m’envoya, pour le remplacer, un ihràm d’étoffe de Baalbec, dans l’un des coins duquel il avait lié