Page:Jaëll - L’intelligence et le rythme dans les mouvements artistiques, 1904.pdf/25

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
19
L’UNITÉ DES PHÉNOMÈNES CÉRÉBRAUX

pense mentale aux plus minimes sensations d’effort se manifeste-t-elle dans les autres arts ?

Comment la force de la pensée se change-t-elle en force esthétique dans les beaux arts ?

L’effort mental dans l’architecture.

Que fait un architecte qui doit disposer les bases d’un monument de façon qu’elles supportent le plus facilement possible le poids qu’elles sont des- tinées à porter ?

Il doit d’une part se représenter le poids, d’autre part la résistance au poids. C’est entre ces deux forces opposées que la pensée édifie son œuvre. Plus elle arrive à nous pénétrer de l’idée que la pe- santeur peut ne plus paraître pesante, plus elle aura manifesté les lois de l’esthétique en faisant triom- pher une propriété de la matière, la résistance, au détriment de l’autre propriété, le poids. L’artiste sera d’autant plus grand que le travail fourni par sa pensée sera mieux révélé par la forme de son œuvre.

L’effort mental dans la peinture et la sculpture.

Que font les artistes qui, devant simuler la réalité par les images, se trouvent ainsi aux prises avec la reproduction de tous les phénomènes de la vie ?

On n’est pas peintre ou sculpteur parce qu’on rend par le pinceau ou le ciseau chaque image, cha- que forme telle qu’on la voit ; chaque artiste voit dans sa pensée une foule d’autres images qui, comme en un cercle vivant, se rattachent à cette image qu’il veut peindre ou sculpter. L’artiste s’ap-