Page:Jacques Boileau - De l abus des nudites de gorge, Duquesne, 1857.djvu/23

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deste, et nous trompons les autres si nous disons qu’on peut indifféremment et innocemment regarder toutes choses. David pécha pour avoir été trop libre en ses regards, et un seul regard suffit pour le faire tomber dans le peché. Ce prince étoit saint, Betsabée sur qui il jetta les yeux par hasard étoit innocente, mais elle étoit nue ; David la regarda en cet état, et il n’en fallut pas davantage pour faire perdre la sainteté à David et l’innocence à Betsabée. Qui est cet orgueilleux qui refusera de s’instruire par un si grand exemple, et qui après cet exemple n’évitera pas avec soin la veue et l’abord d’une femme laquelle fait voir à nu tout ce qu’elle a de plus beau et de plus charmant ; qui est celuy qui se croira en seureté dans le même péril où David s’est perdu ; et qui ne craindra pas de succomber par les mêmes armes dont il a été vaincu.

XVIII. Le grand S. Basile apprend à tous les Fidelles en instruisant un de ses disciples, avec quel soin ils doivent détourner leurs yeux de dessus une femme qui affecte de paroître belle par la nudité de ses bras, de sa gorge et de ses épaules. Donnez-vous de garde, dit-il, autant qu’il vous sera possible de considérer ces fausses et pernicieuses beautéz ; Jésus-Christ ne se plaist qu’à la beauté de l’ame et