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temps un monument de la faiblesse de l’esprit humain, abandonné à lui-même. Olaüs Magnus assure que, sur les confins de la mer Glaciale, il y a des peuples, appelés Pylapiens, qui boivent, mangent et conversent familièrement avec les spectres. Ælien raconte qu’un vigneron, ayant tué d’un coup de bêche un aspic fort long, était suivi en tous lieux par le spectre de sa victime !

Suétone dit que le spectre de Galba poursuivait sans relâche Othon, son meurtrier, le tiraillait hors du lit, l’épouvantait et lui causait mille tourments. Voy. Apparitions, Fantômes, Flaxbinder, Philinnion, Polycrite, Revenants, Vampires, etc.

Spectriana, recueil mal fait d’histoires et d’aventures surprenantes, merveilleuses et remarquables de spectres, revenants, esprits, fantômes, diables et démons ; manuscrit trouvé dans les catacombes. Paris, 1817; 1 vol. in-18.

Spéculaires, nom que l’antiquité donnait aux magiciens ou devins qui faisaient voir dans un miroir les personnes ou les choses qu’on désirait connaître.

Spée. Leibniz remarque que le P. Spée, jésuite allemand, auteur du livre intitulé Cautio criminalis circa processus contra sagas, déclarait qu’il avait accompagné au supplice beaucoup de condamnés comme sorciers et sorcières ; mais

 
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qu’il n’avait trouvé aucun de ces misérables qui fût vraiment en commerce avec le diable, ni qui fût allé véritablement au sabbat. Il ne faut pas s’imaginer pour cela que ces gens fussent injustement punis ; car ils avaient fait du mal. Seulement, on leur appliquait des peines trop sévères.

Sper, en patois de Liège, revenant ou plutôt esprit ; de spiritus.

Sphinx, monstre fabuleux, auquel les anciens donnaient ordinairement un visage de femme avec un corps de lion couché. Il devinait les énigmes.

Spina (Alphonse), religieux franciscain, auteur du livre intitulé Fortalitium fidei, in-4°, imprimé à Nuremberg en 1494, et ailleurs. Il cite des femmes de la Gascogne et du Dauphiné qui se réunissaient la nuit dans des lieux déserts pour adorer le bouc (le diable) qui recevait ce culte entouré de flambeaux. Spina était un juif converti au milieu du quinzième siècle.

Spinello, peintre, né à Arezzo, dans la Toscane, au quatorzième siècle. À l’âge de soixante-dix-sept ans, il s’avisa de peindre la chute des mauvais anges. Il représenta Lucifer sous la forme d’un monstre tellement horrible, qu’il en fut lui-même frappé. Une nuit, dans un songe, il crut apercevoir le diable tel qu’il était dans son tableau, qui lui demanda d’une voix menaçante où il l’avait vu, pour le peindre si effroyable. Spinello, interdit et tremblant, pensa mourir de frayeur ; il eut toujours, depuis ce rêve, l’esprit troublé, la vue égarée ; et il se crut jusqu’à sa mort poursuivi par Lucifer.

Spirinx (Jean), astrologue belge du quinzième siècle, qui prédit à Charles le Téméraire que, s’il marchait contre les Suisses, il lui en arriverait mal ; à quoi le duc répondit que la force de son épée vaincrait les influences des astres : ce que lui, son épée et toute sa puissance ne purent pas faire, puisqu’il s’ensuivit sa défaite et sa mort.

Spiritisme. C’est la découverte que l’on croit récente des communications avec les esprits. On a publié là-dessus beaucoup d’ouvrages. De la plupart, il est sage de se défier. Nous nous bornerons à citer ici des emprunts à quelques journaux transatlantiques, reproduits dans plusieurs feuilles françaises. Un ou deux de ces fragments suffiront au lecteur pour comprendre.

Remontons aux premiers bruits que fit aux États-Unis le spiritisme. On lisait le 4 décembre 1850, dans la Voix de la Vérité :

Une société de magnétiseurs illuminés, établie à New-York, prétend avoir avec Swedenborg des relations suivies. Nous allons, grâce à un correspondant américain du Journal du magnétisme, les initier aux révélations ultramondaines qui se sont manifestées à quelques croyants de l’état de New-York en 1846.

Chez un M. John Fox, qui habitait à cette époque un petit village, des coups très-légers, comme si quelqu’un frappait sur le parquet, se faisaient entendre assez souvent la nuit, à ce point qu’il n’y eut plus moyen de dormir dans la maison. Pendant longtemps il fut impossible de découvrir la cause de ces coups mystérieux, lorsque, dans la nuit du 31 mars 1847, les jeunes filles de M. Fox, tenues en éveil par ces coups, se mettent, pour se distraire, à les imiter en faisant claquer leurs