Page:Jacques Parmentier Dialogue sur l Education Anglaise en France 1889.djvu/20

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franscique bouillier.

— Je conviens que nos études secondaires vont en s’affaiblissant, et que la négligence des exercices corporels peut y être pour quelque chose. Mais cette décadence a d’autres causes, auxquelles il n’est pas à propos de nous arrêter ici. En tout cas, notre état social ne me semble pas fait pour comporter l’éducation anglaise. Je crois que notre régime scolaire s’y oppose également.

paschal grousset.

— J’apprécie fort ce que vous venez de dire monsieur. Une éducation qui coûte cinq à six mille francs par an n’est pas assez démocratique, et si bas que soit le prix de la pension chez nous, je l’abaisserais encore si je le pouvais. Je ne voudrais pas, d’un autre côté, diminuer sensiblement les heures de travail. J’opérerais simplement quelques réductions sur les heures de classe et d’étude, et surtout je ferais du temps une distribution plus sage.

franscique bouillier.

— Vous feriez, d’après ce que j’ai su, les classes d’une heure et demie au lieu de deux heures. Vous les placeriez toutes dans la matinée, de manière à avoir fini à onze heures et demie. Les après-dinées seraient consacrées aux exercices corporels. Cela n’est pas pratique. Vous accableriez les enfants de travail avant midi pour les accabler de jeux après midi. Au surmenage des études vous ajouteriez le surmenage des jeux.

pierre de coubertin.

— Pour moi, je ne serais point partisan de ce système.

franscique bouillier.

— Une autre considération dont il faut tenir compte aussi, est celle de la race et du climat.

paschal grousset.

— C’est précisément celle que je reproche à M. de Courbertin de négliger. L’Anglais est de sa nature froid et calme, le Français ardent et vif. L’un a besoin de lutter contre un climat humide et débilitant ; l’autre se sent porté à jouir sans effort d’un air sec et excitant. Un exercice qui fortifie celui-là, épuise celui-ci.