Page:Jaloux - Les barricades mystérieuses, 1922.djvu/13

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MYSTÉRIEUSES

nous ne nous retrouvions qu’en automne, à la Faculté de Droit. Mais son père mourut, on dut vendre la vieille terre familiale des Herpin, et mon ami passa dès lors ses vacances à Paris, c’est-à-dire, en fin de compte, presque uniquement chez nous, à la campagne.

Ce serait peu de dire que Martial Herpin était mon meilleur ami : en réalité, il était le seul. Nous nous étions, dès le collège, reconnus, hélés, accrochés. Nous formions, pour nos camarades, un couple presque classique : Achille et Patrocle, Oreste et Pylade, Montaigne et La Boétie, Martial Herpin et Guy de Taradeil ; on nous jalousait et on nous raillait un peu, tout en nous admirant. Nous appartenions à la vraie race des amis ; nous défendions dans le monde les mêmes couleurs morales, les mêmes préjugés ; nous avions en commun un idéal, des coutumes, des para-