Page:James Guillaume - L'Internationale, III et IV.djvu/652

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espagnole disait que « pour aboutir à la révolution sociale, il faut faire l’agitation insurrectionnelle de fait et de propagande ». Outre la voix de Rodriguez [Soriano] (Mendoza [Morago] était absent), elle eut, comme la précédente, la voix de Paulin (pseudonyme), et aussi celle de De Paepe, dont l’éclectisme paraissait décidé à tout accepter. Maltman Barry et Greulich votèrent contre. Tous les autres délégués s’abstinrent.

Vint ensuite une troisième résolution, présentée par quelques-uns des délégués de l’Internationale, et ainsi conçue (c’était la résolution du Congrès de Verviers, mais rédigée en termes plus clairs) :


Considérant que la conquête du pouvoir est la tendance naturelle de tous les partis politiques, et que ce pouvoir ne saurait avoir d’autres conséquences que de créer des situations privilégiées ;

Considérant, d’autre part, qu’en réalité la société actuelle est divisée, non pas en partis politiques, mais bien en situations économiques : en exploités et exploiteurs, ouvriers et patrons, salariés et capitalistes ;

Considérant, en outre, que l’antagonisme qui existe entre ces deux classes ne peut cesser par la volonté d’aucun pouvoir politique, mais bien par les efforts réunis de tous les exploités contre leurs exploiteurs,

Nous croyons de notre devoir de combattre tous les partis politiques, qu’ils s’appellent ou non socialistes, en espérant que les ouvriers qui marchent encore dans les rangs de ces divers partis, éclairés par l’expérience, ouvriront les yeux et abandonneront la voie politique pour adopter celle du socialisme anti-gouvernemental.


Cette résolution allait, mieux que les deux précédentes, permettre aux deux partis en présence de s’affirmer nettement ; De Paepe lui-même se vit contraint de renoncer cette fois à son syncrétisme, et dut voter contre nous.

Votèrent oui : Rodriguez [Soriano], Guillaume, Costa, Rinke, Werner, Brousse, Montels, Gérombou. (Mendoza [Morago], Martini et Levachof, qui eussent voté oui, étaient absents.)

Votèrent non : 1° les Flamands : Anseele, Bertrand, Cardon, Coenen, De Paepe, De Witte, Paterson, Slebach, Steens, Van Beveren, Verbauwen ; 2° les Allemands : Fränkel et Greulich (Liebknecht était parti) ; 3° un Anglais : Maltman Barry (Hales était absent) ; 4° quatre membres du groupe des divers : Bazin, Bert (pseudonyme), Robin (pseudonyme), Zanardelli.

Paulin (pseudonyme) s’abstint.


Enfin la quatrième résolution, rédigée par Coenen, fut à son tour mise aux voix. La voici :


Considérant que l’émancipation sociale est inséparable de l’émancipation politique,

Le Congrès déclare que le prolétariat, organisé comme parti distinct opposé à tous les autres partis formés par les classes possédantes, doit employer tous les moyens politiques tendant à l’émancipation sociale de tous ses membres.


Sur cette résolution, qui formait la contre-partie de la résolution précédente, les voix se groupèrent comme suit :

Oui : 1° les Flamands : Anseele, Bertrand, Cardon, Coenen, De Paepe, De Witte, Paterson, Slebach, Steens, Van Beveren, Verbauwen ; 2° les Allemands : Fränkel, Greulich (Liebknecht absent) ; 3° un Anglais : Maltman Barry (Hales absent) ; 4° tout le groupe des divers : Bazin, Bert (pseudonyme), Paulin (pseudonyme), Robin (pseudonyme), Zanardelli.