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LA SŒUR ROSE

obéissant involontairement à cet être assis à mes côtes, je jetai les yeux sur l’étroit et rude sentier que j’avais parcouru pour arriver jusqu’au lieu où j’étais assis. Le sentier, tout à l’heure si sombre, était illumine par une clarté douteuse : dans cette lumière blafarde s’agitaient plusieurs personnes, hommes et femmes, occupés à tous }es soins de la vie de chaque jour. Ces hommes étaient devenus gros et lourds, ces femmes avaient perdu depuis dix ans le charmant embonpoint et la douce pâleur de leur seizième année ; les uns et les autres étaient occupés de mille soucis cruels, de mille ambitions mesquines, de mille désirs puérils.

— Quelle est donc cette vilaine troupe ? m’écriai-je.

— Eh ! dit le diable, c’est la troupe chantante et dorée qui tout à l’heure t’accompagnait dans l’ombre, à travers les buissons, en chantant de folles chansons d’amour ; ce qui te prouve, ajouta le diable en me