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LA SŒUR ROSE

cependant te raconter mon histoire, ajouta-t-il, et tu l’écouteras bon gré mal gré. Tu es tombé entre mes griffes : il ne sera pas dit que tu en sois quitte à si bon marché. Prends donc ta peine en patience. Autrefois, pour te punir de ton impolitesse, j’aurais pris et emporté ton âme ; mais qu’en faire aujourd’hui ? j’ai des âmes à revendre. Écoute-moi donc, et permets-moi, avant de faire agir mon drame, de disposer mon théâtre à mon gré. C’est bien !e moins que moi, le diable, j’use des mêmes droits que le dernier faiseur de mélodrames expliquant à son parterre comment le palais où vont entrer ses personnages a été bâti tout exprès pour cette fable dramatique, comment il y a ici une fausse porte, plus loin un corridor, plus loin un souterrain ; comment cette fenêtre donne sur les Alpes et cette autre fenêtre sur le mont Apennin ; comment il y a un balcon à votre gauche, un précipice à votre droite. En même temps notre homme vous remet un trousseau de clefs tout comme dans le