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ET LA SŒUR GRISE.

à cette pénitence ?… Mais enfin vous voilà : je vous pardonne. Vous venez me rendre l’air du ciel et mon enfant : j’oublie ce que j’ai souffert. Adieu donc. Et cependant apprenez, ma sœur, que bientôt votre prison va s’ouvrir ; j’en ai été instruite par ma geôlière de chaque jour : elle m’a priée au nom du ciel d’être patiente, disant que l’heure du pardon allait sonner. Ô merci ! merci, Léonore !

Et en effet Léonore reprit les haillons de Louise, Louise se couvrit des habits de Léonore. Elle s’enfuit de cette maison où elle avait tant souffert ; Léonore se jeta sur la paille de son cachot, et elle respira plus librement, se sentant loin du peuple. Mais que veux-tu que je te dise ? Est-il bien nécessaire d’aller plus loin ?

— Oui, certes, m’écriai-je. Quelle triste manie de couper votre récit à chaque instant que votre récit s’engage ! Vous avez volé cette singulière façon de raconter à ce charmant diable qu’on appelle l’Arioste ; mais ce-