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de martial.

sans fiel. Par exemple, n’ai-je pas fait de beaux vers sur Aria et Pœtus, ce grand courage conjugal qui échappe à la tyrannie par la mort ? n’ai-je pas chargé Marc-Antoine d’une exécration bien méritée, lui qui avait permis le meurtre de Cicéron ? n’ai-je pas eu de douces larmes pour les fils de Pompée, ce héros dispersé dans tout l’univers ? Qui mieux que moi a loué Quintilien, le suprême modérateur de la fougueuse jeunesse, la gloire de la toge romaine ? qui donc, sinon moi, a révélé le charmant esprit de Cassius Rufus, qui eût pu être le rival de Phèdre et qui s’est contenté de rire tout bas de la méchanceté des hommes ? Pas une gloire sincère que je n’aie dignement célébrée : le premier j’ai loué Perse de sa sobriété, en reconnaissant que j’avais contre ma gloire le grand nombre de mes vers ; quand Othon l’empereur se perça de son épée pour terminer la guerre civile, j’oubliai sa vie pour ne me souvenir que de sa mort, aussi belle et plus utile que la mort de Cé-