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de martial.

vince, moi je courais tout au plus après un souper. Notre but n’était pas le même, nos chances n’étaient pas les mêmes. Je t’ai donc laissé courir après la fortune, et j’ai attendu la fortune dans mon lit.

Comment donc cette fortune m’est arrivée, je vais te le dire. Je dînais un jour chez le riche Macer ; tu sais bien : ce même Macer qui, à force de donner des anneaux aux jeunes filles, finira pas n’avoir plus d’anneaux. Ce Macer est un antiquaire entêté de toutes sortes de curiosités puériles auxquelles je préfère, à te parler vrai, les vases de terre fabriqués à Sagonte. Cet impitoyable bavard entend assez bien l’ordonnance d’un dîner ; mais, pendant qu’il vous raconte l’antiquité de sa vaisselle d’argent, son vin a le temps de s’éventer. — Ces gobelets, vous dit-il, ont figuré sur la table de Laomédon. Le terrible Rhésus se battit pour cette coupe avec les Lapithes ; même elle a été échancrée dans le combat. Ces vases passent pour avoir appartenu au