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étienne béquet.

consignées dans un volume ; être exposé en même temps aux périls de l’improvisation et aux exigences de la page écrite avec soin, méditée à loisir ; c’est-à-dire n’avoir ni les profits de la parole parlée ni les bénéfices de la parole écrite ; suivre au jour le jour, et la plume à la main, toutes les passions, toutes les émotions contemporaines, et ne pouvoir s’y mêler que de loin et avec modération, tant on a peur de ne pouvoir plus contenir le lendemain les mêmes passions qu’on aura partagées la veille ; plaire à la foule sans la flatter, coudoyer tous les amours-propres sans les heurter ; trembler toujours d’être injuste pour une gloire qui commence, cruel pour une gloire accomplie, ingrat pour une gloire qui finit ; être flatté tout haut, accusé tout bas ; faire l’aumône chaque matin d’une louange misérable à toutes les ambitions mesquines qui vous tendent la main ; regarder à loisir, tout au fond de la vanité humaine, ce qu’elle a de honteux et d’abject, et, quand on l’a bien