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croquis.

prenez sa brochure, prenez son poëme, prenez ses vers ; moi j’attendrai que mon poëte vienne à rêver, qu’il ait un rêve bien confus, bien difforme, haut et bas, enfer et ciel, chaumière et palais, échafaud ou trône, exil, royauté, joie, douleur, amour, passions, vengeance, larmes amères, éclats de rire ; prenez tout ce que le peintre a fait de mieux, prenez jusqu’à son discours à l’Académie ; moi je prendrai son rêve tout seul, tout nu, je serai mieux partagé que vous avec vos livres reliés par Thouvenin.

Ainsi, pour le peintre (j’entends le grand peintre comme M. de Lamartine est le grand poëte), prenez ses chefs-d’œuvre, laissez-moi ses rêves. Le croquis c’est le rêve de l’artiste ; c’est sa pensée qui court, diffuse, scintillante, capricieuse, sentimentale, rieuse, folle, qui passe du portrait à la caricature, de la joie aux larmes, du grand seigneur au bourgeois. Allons, artiste fantasque, jette éparses sur ce papier toutes les folies de ton cerveau, le