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à charlet.

vaudevilles par moitié et par tiers ? as-tu songé à tout cela, toi leur ami, toi leur père ? as-tu songé à l’ennui qui persécutera ces enfants s’ils savent lire, à l’ennui qu’ils nous donneront s’ils se mettent à écrire ? Je sais bien que cela t’est bien égal à toi, flâneur qui bois et qui fume, et qui t’épanouis au soleil comme une huître ; mais à nous qui lisons, à nous qui allons au théâtre, à nous oisifs occupés de livres et de drames, il nous importe beaucoup qu’on n’apprenne plus à lire à personne, plus à écrire à personne, que le monde des écrivains s’éteigne d’épuisement, afin que nous soyons tous aussi libres, aussi heureux, aussi insouciants que toi, mon Charlet, afin que nous n’ayons plus rien à entendre, plus rien à juger, plus rien à voir que ton œuvre à toi, mon génie, ou, pour mieux dire, les trois et quatre coups de crayon que tu appelles ton œuvre, cette espèce de hasard qui ressemble si fort au fini du génie, ce quelque chose que tu sais faire les yeux fermés, si fort ton cœur