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georges sand.

temps-ci, sa plume est tour à tour passionnée, énergique, calme, violente, amoureuse ; elle parle toujours, même dans ses plus grands écarts, la plus belle langue française, c’est-à-dire la plus correcte ; nul ne peut nier que tous les honneurs du style ne lui appartiennent ; il n’y a pas à l’Académie française, il n’y a pas dans toutes les académies françaises ou étrangères de ce monde un écrivain de la force de Georges Sand : faites-la donc asseoir à côté de M. de Chateaubriand et de M. de Lamartine, qui se leveront pour lui faire place et cortége. Toujours la même réponse : Elle est femme ! — Ainsi, ni par la parole, ni par le style, ni par l’autorité, ni par la croyance, ni par la politique, ni par l’Église, ni même par l’Académie française, cette porte banale, cette femme qui est un grand homme ne peut pénétrer. Qu’elle demande à enseigner les hommes, à avoir une école à elle, on lui répondra : Femme ! Et quand enfin, fatiguée de tant d’oubli, honteuse de se voir