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le livre

Je retournai chez Mme Prevost, et je lui racontai mon histoire.

— Bon ! dit-elle. Je ne croyais pas si bien faire… Et vous avez revu Mme de Melcy ?

— Elle est partie pour sa terre de Normandie, lui répondis-je.

— Parmi le thym et la rosée, ajouta Mme Prevost en chantant doucement.

Mais hélas ! elle n’est plus, la digne femme ! Elle est si bonne, si indulgente, si intelligente à force d’âme et de cœur, la voilà qui est morte avec la dernière rose de juin ! Comment elle est morte et pourquoi, Dieu le sait ; mais c’est une grande perte pour cette ville. Avec Mme Prevost l’année a perdu son printemps, le bal a perdu sa plus fraîche parure, le Théâtre-Italien ses roses toujours nouvelles. Elle avait fait du bouquet une science, de la plus petite fleur un langage ; elle savait toutes les langues que parlent les roses, elle entendait ce que se disent les marguerites dans les bois, ce que raconte le chèvrefeuille aux vieilles