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CONTES D’HIER

me sourit et me dit bonjour, la maison commode, mon petit lit blanc, l’église où est le bon Dieu… Ce n’est pas tout, si tu savais, maman ! Mais, je ne peux pas dire…

Tiens, tout à l’heure encore, je m’en allais de ce côté. J’ai voulu, d’abord, traverser le champ de blé : aussitôt, j’ai entendu un petit bruit, comme si le champ riait. Les épis se balançaient autour de moi, me touchaient le visage, les mains, me griffaient les cheveux. Quelques-uns se nouèrent même ensemble pour m’empêcher de passer et me garder au milieu d’eux, parce qu’ils savent que je les aime. Et cela embaumait autour de moi, comme le pain bien cuit.

Ensuite, ce fut l’herbe verte qui plie sous les pieds et ne dit rien. Il y avait des marguerites et des boutons d’or qui se suivent toujours. Puis j’aperçus le petit ruisseau qui fuyait, clair et chantant, sur les cailloux polis. Je m’assis sur une grosse roche, à l’ombre d’un arbre et je regardai autour de moi. Que c’était joli, maman ! Toute la verdure, tous les champs au loin, et les maisons dont on n’apercevait, pour ainsi dire, que les toits gris et les fenêtres ouvertes. Des oiseaux