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CONTES D’HIER

ger de face. Je mets tout mon argent de côté, et quand tu sortiras du couvent j’achète une belle petite maison et je te la donne. Tu viendras la choisir avec moi, tu la meubleras à ton goût, s’il te plaît d’y recevoir tes petites amies, tu le feras à ton aise. Moi, je continuerai de travailler, parce que, d’abord, je suis trop jeune, et puis… il faudra bien t’amasser une petite dot ?…

Une jolie grande maison de briques se leva au bord du chemin, enveloppée de la neige mouvante comme d’une large dentelle. M. Clément sauta à terre, ouvrit la barrière de bois, et conduisit le cheval par la bride, jusqu’à la véranda peinte en clair.

Une grande femme brune reçut les voyageurs avec assez de retenue. Elle donna un froid baiser à Annette, l’invita à se dévêtir et, posant son regard étincelant sur M. Clément, elle lui demanda si c’était la neige qui l’amenait.

— Eh ! oui, la neige, fit celui-ci d’un ton de bonne humeur. Croyez-vous qu’il nous en tombe une belle bordée ? Et comme preuve, il prit à deux mains son bonnet de loutre et se mit à le secouer dans la boîte à bois, à côté du poêle.