Page:Jarret - Contes d’hier, 1918.djvu/123

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ROBERTE


Dédié à ma marraine.


Un petit salon tendu de blanc. Une vieille dame qui sommeille sur sa chaise, avec de grands coups de tête et des réveils brusques ; une gazette ouverte à la page du feuilleton gît à ses pieds. Une grande jeune fille au visage malheureux, qui va, vient, attend et souffre. C’est un soir d’été, il fait chaud ; la fenêtre, grande ouverte, est voilée de longs rideaux transparents que ne gonfle aucun souffle. La vieille dame s’éveille en sursaut, s’étonne d’avoir dormi, et interroge :

— Il n’est pas encore arrivé ?

— Non, grand’mère.

— Mais, mais, mais… Que peut-il bien faire ?