Page:Jarret - Contes d’hier, 1918.djvu/131

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
123
ROBERTE

— C’est par générosité, s’écria-t-il avec dépit ! Je n’en veux pas. Aussi bien, je me suis expliqué misérablement, vous n’avez pu saisir ma pensée. Soyez impartiale, Roberte. Nos personnalités disparaissent, et vous êtes une mère qui ne désire réellement que le bonheur de son enfant. Songez que je devrai oublier l’autre à jamais !

La jeune fille ouvrit, larges, ses beaux yeux lumineux dont elle porta le regard jusqu’au fond des prunelles grises de René, et la main sur la poitrine :

— En conscience, fit-elle, je vous dis : « Épousez Alice. C’est elle que vous aimez, et cette assurance garantit votre bonheur. »

Alors, il fut content à l’excès et vint tout près de rire. Mais peu à peu, un sourd remords l’envahit, un chagrin très réel aussi, et il essaya de s’étourdir avec des paroles :

— Je vous remercie, Roberte. Vous êtes bien telle que je vous avais comprise et ma reconnaissance vous est acquise à jamais. Pardonnez-moi de vous avoir parlé durement et… toute autre chose qui aurait pu vous peiner. J’ai promis de