Page:Jarret - Contes d’hier, 1918.djvu/140

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
132
CONTES D’HIER

Depuis le matin que durait cette migraine… De nouveau, les larmes lui montèrent aux yeux, quand elle songea à Noël qui se préparait sans elle dans la maison. Là-haut, la petite Cécile, excitée de joie, faisait la grande toilette à toutes ses poupées. Au couvent, où elle avait été mise pensionnaire, cette année, Thérèse la dissipée devait quand même se recueillir un peu, car c’était l’heure où l’on conduit les fillettes à confesse, et, bien pure ensuite, elle parlerait avec ses compagnes des splendeurs de la Messe de minuit, et rappellerait les jeunes souvenirs de son enfance. Au collège, les trois garçons, Léopold, Georges et Maurice, songeaient peut-être furtivement au réveillon que maman leur glisserait après souper, et qu’il ferait si bon déguster après la messe, la face encore froide et les doigts gourds. Partout, c’était la grande pensée du moment : Noël ! Les ménagères s’activaient, les enfants exultaient : Noël ! Noël !

Un coup de sonnette à la porte. La petite bonne accourue, introduisit un visiteur dont la voix fit tressaillir Berthe. « Hubert Dion ici, par quel hasard ? se demanda-t-elle, tandis que les bat-