Page:Jarret - Contes d’hier, 1918.djvu/149

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



L’INFÂME


— Maman, j’ai pas déjà déboulé, moi, en bas d’une voiture ?

— Mais non, mon chéri.

Il est visible que la réponse ne le satisfait pas, et il reste là à méditer, tenace, avec son air pleurnicheur de fillette débile. Son père lui jette un regard inquiet. Gilberte, ma sœur, pouffe de rire sans qu’on sache pourquoi, derrière l’éventail de ses cartes, et la partie se poursuit, assez molle. On est trop intéressé à se raconter des histoires, souvenirs véridiques, aventures de froid, de neige et de vent, sans doute suggérés par l’état tempêteux de l’atmosphère. Père, surtout, devient intarissable : il s’est emballé et le voilà rajeuni de dix ans.