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APRÈS LA FAUTE

ai parlé à mes parents, pas trop clairement, et sans vous nommer, bien entendu ; j’ai été surprise de voir qu’ils prenaient assez bien les choses, et j’avais hâte que vous veniez lundi, afin de vous faire part de cette bonne nouvelle. Mais vous n’arriviez pas. Je crus d’abord que le temps me paraissait long, parce que j’étais impatiente. Cependant, les minutes et les quarts d’heure passaient sans que vous apparussiez. C’est alors que je résolus de me rendre jusqu’au haut de la Côte, espérant vous apercevoir en chemin. Je vous assure que j’ai eu honte en vous voyant : vous vous battiez avec un autre homme ; votre visage était horrible, et vous aviez du sang sur le poing.

— Un instant ! À mon tour, réclama le jeune homme. Avez-vous reconnu l’autre ?

— Oui. C’était le grand Louis, celui qui boit ?

— En effet, c’était lui, fit-il.

Et dans l’énergie qu’il voulait mettre à se défendre, il se leva, face aux vitres pâles, par où entrait la blafarde clarté de ce soir d’automne.

— Eh bien ! continua-t-il, cet homme m’avait insulté. Je sais bien que j’aurais pu passer outre :