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LES LILAS

Ils rirent encore, joyeusement, en se demandant quel bon vent soufflait de leur côté ; il y avait beau temps qu’ils ne s’étaient parlé avec autant d’abandon. M. Deland réfléchissait.

— Vous êtes libre, demanda-t-il tout à coup ?

— Mais…

— Venez avec moi !

— Et où donc ?…

— Je ne puis m’expliquer, c’est une surprise. Elle était pour ce soir, j’avais averti vos parents. Mais un contre-temps fâcheux : je dois justement partir pour la ville par le train de huit heures. Il m’en coûte d’attendre encore. Claire, faites-moi plaisir !…

— Au moins que je coure avertir mes parents.

— Je crois que c’est inutile, on ne s’inquiétera pas de votre courte absence, et mes minutes sont précieuses.

Après un instant de forte hésitation, Claire se laissa gagner, à seule fin de se débarrasser du fâcheux, contre qui elle sentait renaître une ancienne animosité. Cependant au premier coin de rue qu’ils tournèrent, la jeune fille ne put s’em-