Page:Jarret - Contes d’hier, 1918.djvu/63

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LA FIANCÉE DE NOËL


Voici ce que j’ai à raconter pour ma Noël. Maman était tellement mieux depuis la veille, et la nuit s’annonçait si calme, que j’envoyai ma tante Julie à la messe. Je l’appelle tante plutôt à cause de son âge, car au fait, elle n’est que la cousine au second degré de maman, en même temps que payse, et elle cumule ici les fonctions de cuisinière, de bonne, de garde-malade et d’amie de tout repos. Je me réjouissais de pouvoir lui procurer ce petit plaisir. « Il y a exactement trente-deux ans que je ne suis pas allée à la Messe de minuit », me confiait-elle, en s’habillant pour sortir. Et toutes ses rides riaient.

Maman n’a presque pas dormi, et nous avons babillé tout le temps. Elle était bien, que c’en