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CONTES D’HIER

que détail, l’allongeant de lendemains merveilleux. C’est la jeunesse que je ne parviens pas à mâter avant l’heure, malgré la dure discipline de chaque jour, et qui essaye de reprendre ses droits. Laissons-lui pleine liberté pour aujourd’hui. J’appuie ma tête au dossier de la chaise, en fermant les yeux, et si tante Julie m’observe, elle doit penser que je ris aux anges.

Un coup de sonnette étouffé. Ce ne peut être que lui ou le médecin… C’est lui.

Nous nous installons l’un en face de l’autre, près de la fenêtre, et nous causons. Il se déclare extrêmement heureux des bonnes nouvelles concernant maman, et à mon tour je m’informe des siens. Le réveillon s’est donné chez sa mère, cette nuit ; beaucoup de monde, et il a dû s’amuser fort ; il ne l’explique point, pour en pas m’attrister, moi qui ne sors jamais, mais je le devine à une certaine lueur de ses yeux. Ce soir, autre réunion chez son oncle Paul… — « Irez-vous ? » Il me parut bien troublé pour une aussi petite question, et avant de répondre, il me scruta du regard, avec une expression indéfinissable, et