Page:Jarret - Contes d’hier, 1918.djvu/86

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
78
CONTES D’HIER

À neuf heures, comme la voiture qui devait me transporter à la gare franchissait la grille du jardin, j’embrassai Marie-Anne et ses mignons, leur promettant de revenir bientôt, les invitant aussi de belle façon, puis je sortis… Ils me suivirent tous, et la cérémonie recommença, les enfants se pendaient à mes jupes et j’entendais leurs petites voix plaintives : « Pourquoi que tu t’en vas ? » Et moi je ne pleurais pas… Ah ! les cruels, les cruels, m’ont-ils fait souffrir !

Enfin je montais sur le marche-pied quand je me sentis tirer par la manche. Je me retournai : c’était Marie-Anne, pâle et toute gonflée. Elle balbutia deux mots, deux seuls mots, me montrant sur son bras, le beau bébé rose qui jasait tout seul : « Il vivra ! »