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LES FINISSANTES

— Entre la première, toi.

— Non, toi, tu sais bien que je suis gênée.

— Et moi, je le suis encore plus.

— Tiens ! entre la première, et je te suivrai, certain, certain !

— Oh ! non, je ne suis pas capable.

Les autres essaient aussi de se raisonner, se tirent par la robe, se poussent dans le dos. Le moment est tragique. Au moins, si Mère était là, mais non, il leur faut se présenter d’elles-mêmes. Enfin, José, la plus raisonnable toujours, et qui voudrait faire croire que c’est parce qu’elle vient d’un autre couvent, se décide de passer la première ; Armande la suit, puis Éva, puis Cécile et enfin Marichette, la plus petite, et qui avait ce jour-là sa robe bleu clair à grand col rond et à taille longue, dont le petit bout de jupe plissée rejoignait à peine les genoux.

M. l’Aumônier les salue et avec cette courtoisie extrême qu’on lui sait, il leur souhaite la bienvenue en les priant de vouloir bien prendre place aux pupitres, là à sa droite. Cependant, tandis