Page:Je sais tout magazine - Le Retour d'Arsène Lupin, partie 1.djvu/13

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Brizailles. — Vous avez rajeuni…

Faloise. — C’est vrai !

D’Andrésy. — Oh !

Brizailles. — Mais, maintenant, je retrouve votre regard, vos gestes… le d’Andrésy d’autrefois… ça va bien, mon vieux ?

D’Andrésy. — Mais très bien… et vous ?

Brizailles. — En avons-nous fait des noces ensemble ! Ça me fait plaisir… vieux copain…

Bertaut. — Monsieur est servi.

Tous. — Ah !

Brizailles, à Georges. — Ah ! non… la bague.

Grécourt. — Ah ! oui… la bague.

D’Andrésy. — Quelle bague ?

Brizailles, à d’Andrésy. — Dis donc, mon vieux, il paraît… on se tutoie toujours, hein ?

D’Andrésy. — Plus que jamais.

Brizailles. — Il paraît que tu as des dons de devin… Et que tu es devenu sorcier…

Georges. — C’est une plaisanterie, mon cher d’Andrésy… mais une bague avait disparu de chez moi et je prétendais, tout à l’heure, qu’au lieu de m’adresser à Guerchard j’aurais mieux fait de vous demander conseil.

Brizailles. — Il m’a affirmé qu’en cinq minutes tu retrouverais la bague.

Georges. — Oui, j’ai eu la faiblesse…

D’Andrésy. — Cinq minutes… on peut…

Tous. — Ah !

D’Andrésy. — Quand la bague a-t-elle disparu de chez vous ?

Georges. — Je ne sais pas ; hier après-midi, à quatre heures, elle était encore sur la cheminée de mon cabinet de toilette et à minuit, quand je suis rentré, elle n’y était plus.

D’Andrésy. — Qui a pu pénétrer dans cette pièce ?

Georges. — Mes domestiques. Je ne soupçonne personne.

D’Andrésy. — La bague a-t-elle une singularité… est-elle, par exemple… très mince ?…

Georges. — Comment, diable, savez-vous ça ?

D’Andrésy. — Ce garçon qui m’a ouvert la porte, ce jeune valet de pied, vous l’avez depuis longtemps ?

Georges. — Non, depuis huit jours, mais j’ai sur lui les meilleurs renseignements.

D’Andrésy. — Quand il est entré à votre service il portait déjà ce gros anneau de cuivre au médius de la main droite ?

Georges. — Il porte au médius de la main droite ?… Je n’avais jamais remarqué cela.

D’Andrésy. — Sonnez votre valet de pied sous un prétexte quelconque. Ah ! un moment… vous allez me donner votre parole que si je vous rends votre bague, le coupable pourra sortir d’ici sans être inquiété ?…

Georges. — Ma parole… mais…

D’Andrésy. — Par affection pour vous, je puis vous rendre ce petit service. Mais je ne suis ni un dénonciateur, ni un justicier. C’est même là un métier qui me répugnerait un peu.

Georges, sonnant. — Alors, vous croyez qu’Albert… ce garçon, dont les certificats… Enfin… (Entre Albert.) Albert je, oui… téléphonez donc au garage… c’est ça… vous demanderez l’automobile pour trois heures.

Albert. — Bien, Monsieur.

D’Andrésy, une cigarette à la bouche, à Albert. — Je cherche… je cherche… les allumettes…

Albert. — Voilà, Monsieur…

(Albert frotte une allumette et la présente à d’Andrésy.)

D’Andrésy, à Albert. — Tiens, vous avez donc été au Cambodge ?

Albert. — Moi, Monsieur ?

D’Andrésy. — Ce gros anneau de cuivre que vous avez au doigt… il n’y a qu’une peuplade qui fabrique et qui porte ces anneaux-là.

Albert. — En effet, c’est un camarade…

D’Andrésy. — Faites donc voir…

(Il avance la main. L’autre recule. D’Andrésy saisit son bras brusquement.)

Albert. — Eh bien, quoi ? que voulez-vous de moi ?

(Faloise, Georges, Bergès se sont avancés.)

D’Andrésy. — Je vous en prie.

Brizailles, bas. — D’Andrésy va se faire aplatir.

D’Andrésy, à Albert. — Cet anneau…

Albert. — Mais…

D’Andrésy, prend Albert au collet. Celui-ci se débat et tombe. D’Andrésy s’empare de l’anneau et, tout en maintenant Albert du genou, ouvre l’anneau et en tire la bague. À Georges. — C’est bien cette bague-là ?