Page:Jika - La foi et la raison.djvu/33

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tentes, isolés des habitants des villes, étrangers à toute industrie et à toute science. Ne connaissant les phénomènes de la nature que par leurs manifestations, et prenant ces dernières, selon qu’elles étaient bienfaisantes ou nuisibles, pour des récompenses ou des colères célestes, ils les promettaient aux populations ou les en menaçaient, suivant l’hospitalité plus ou moins large qu’ils recevaient parmi elles. Ils avaient pour coutume, lorsqu’ils se sentaient mourir, d’appeler leurs enfants autour d’eux, de leur parler et de les bénir[1]. Chacun alors pouvait interpréter à sa façon et selon ses secrets désirs les divagations stupides d’un moribond halluciné. Jusqu’à présent encore, ces coutumes se sont conservées chez les peuples nomades. Chez les Tziganes, par exemple, les chefs de famille sont des patriarches ; ils bénissent les uns, maudissent les autres, prédisent l’avenir et se croient les élus de Dieu. Ce sont les Abraham et les Jacob de la Bible.

  1. Gen. XXVII, 4 ; XLIX, 1-33 ; Deut. XXXIII, 1 ; Josué XXIV, 1-29.