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ISÈRE.

moins haute, moins terrible que le Pelvoux on les Grandes-Rousses, mais qui peut encore prendre rang parmi les plus belles montagnes de la France. La chaîne de Belledonne a pour principaux sommets les trois pics de Belledonne (2,981 mètres ; le grand pic est de quelques mètres plus élevé). Vient ensuite la Grande-Voudène ou Vaudène (2,789 mètres), dont un éboulement formidable arrêta la Romanche en 1181 ; la Grande-Lance d’Allemont a 2,844 mètres ; la Grande-Lance de Domène, 2,833. Chanrousse (2,255 mètres) porte à son sommet un lambeau de roches calcaires. En un point, le chaînon de Belledonne est coupé par la Romanche qui coule avec rapidité, à un niveau plus bas de 1,700 mètres, au fond des gorges de Livet. Au delà de ce redoutable torrent, la montagne se relève la cime de Cornillon, ou pointe de l’Infernet, a 2,494 mètres ; le Grand-Galbert, 2,565 ; la belle montagne de Taillefer, 2,861. En allant des pics de Belledonne vers le nord-est, et non plus vers le sud-ouest, comme de ces pics au Taillefer, on arrive au plateau des Sept-Laux, ou des Sept-Lacs, solitudes glacées, roches effondrées, pâturages, ainsi nommés de sept lacs situés à 2,100-2,277 mètres d’altitude, au pied du Rocher Blanc ou pic de la Pyramide (2,951 mètres).

Outre le Pelvoux, les Grandes-Rousses et Belledonne, le département possède des chaînes moins élevées, quoique très-hautes encore, généralement composées de roches jurassiques ou de roches crétacées. La plus célèbre, comme aussi la plus belle de ces chaînes secondaires, est la Grande-Chartreuse.

Le massif de la Grande-Chartreuse n’a pas moins de 120 kilomètres de tour. Il s’élève au nord et immédiatement au-dessus de Grenoble, et le mont Rabot, ou de la Bastille, qui commande le chef-lieu du département, et qui n’est lui-même qu’un éperon du Rachais (1,053 mètres), en est le dernier contre-fort longeant ensuite la rive droite de l’Isère, dans la direction du nord-nord-est, il se prolonge de ce côté jusqu’en Savoie, au-dessus de la vallée de Chambéry ; au nord, il se termine aux gorges de Guiers-Vif, à l’ouest et au sud-ouest, il s’achève sur la vallée de la Morge, et de nouveau, sur la rive